LEGISLATIVES 2012 - 2e circonscription de l’Orne (L’Aigle/Mortagne)
GARANTIR LA FORMATION DES DEMANDEURS D’EMPLOI
Selon Nicolas SARKOZY, les chômeurs sont des tirs au flanc refusant les formations et fuyant les offres d’emploi. Les derniers chiffres officiels du chômage rendus publics pour le mois de février indiquent 2.867.000 demandeurs d’emploi, soit le plus haut taux depuis 1999. Cela signifie que 200 personnes de plus vont s’inscrire chaque jour auprès de Pôle Emploi.
Pour cette même période de référence, cela signifie 500 chômeurs inscrits de plus dans l’Orne.
L’une des dernières trouvailles du Président sortant est « d’organiser un référendum sur le système d’indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l’assistanat » (sic). Truculent pour qui connaît le parcours de ce champion des sinécures.
Nicolas SARKOZY feint d’oublier que le premier référendum à venir est l’élection présidentielle et qu’il doit répondre devant le peuple français de sa politique de casse de la prise en charge des chômeurs :
complexité volontairement dissuasive de l’offre de formation professionnelle, démantèlement de l’AFPA et multiplication des intervenants, règles d’indemnisation qui ne permettent pas d’apporter des réponses adaptées et efficaces correspondant aux attentes des demandeurs d’emploi. On est très loin du droit proclamé de chacun à une formation qualifiante permettant l’accès à des emplois et métiers valorisants ou bien du droit d’élargir son champ initial de connaissances.Dans son rapport publié sur la formation des demandeurs d’emploi publié en juillet 2011, la DARES constate que « 576.000 entrées en formation de demandeurs d’emploi ont été enregistrées en 2009 soit 5% de moins qu’en 2008 dans un contexte de forte hausse du chômage ». Elle pointe aussi un très net désengagement de l’Etat qui ne finance plus en 2009 que 12% des formations des demandeurs d’emploi contre 36% en 2004.
Cette baisse découle du transfert aux Régions des compétences en matière de formation professionnelle, dont les formations de l’AFPA. Celles-ci, conformément à une directive européenne imposant la mise en concurrence des organismes de formation, sont financées via des appels d’offre.
Les Régions sont devenues les principaux financeurs de formation (62%) alors que Pôle Emploi n’en finance que 15% (en progression toutefois) et l’Etat 12%, ce qui renforce les inégalités territoriales. 2
Lorsqu’un chômeur se rend à pôle Emploi pour intégrer une formation, les conseillers en insertion professionnelle vérifient si elle est prise en charge (coûts financiers). Ces formations financées sont préalablement définies et inscrites dans un programme (formations Régions) ou d’Actions de Formation Conventionnées (AFC de Pôle Emploi). Les formations financées par Pôle Emploi, ouvertes aux demandeurs d’emploi inscrits et indemnisés ou non au titre de l’assurance chômage, sont généralement courtes (2,9 mois en moyenne) et répondent aux besoins de certains secteurs d’activité en matière d’adaptation au poste de travail.
Si la formation souhaitée par le demandeur d’emploi ne figure dans aucun programme (Etat, Région ou Pôle Emploi), d’autres sources de financement sont envisageables mais demeurent très marginales et
le montage des dossiers relève d’un « parcours du combattant » éreintant et dissuasif.
Pôle Emploi dispose actuellement de deux outils pour la mise en oeuvre des formations mais ceux-ci sont très restrictifs puisqu’ils ne s’appliquent que dans le cadre d’une promesse d’embauche. Les dispositifs Action de Formation Préalable au Recrutement (AFPR) et Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) permettent le versement de subventions à l’employeur qui s’engage à former le demandeur d’emploi, en interne ou via un organisme de formation agréé, puis à le recruter en CDI ou même CDD.
L’effet d’aubaine agit pleinement pour des employeurs qui se font ainsi financer des adaptations au poste de travail sans que le stagiaire soit salarié pendant cette période.
Les Aides Individuelles à la Formation (AIF) sont peu nombreuses : la demande peut en être effectuée auprès de certains Régions ou de Pôle Emploi mais les conditions d’accès aux financements individuels sont limitées.
Enfin, des publics spécifiques peuvent aussi solliciter d’autres structures, à l’image de l’AGEFIPH pour les travailleurs handicapés, le Département pour les bénéficiaires du RSA. D’anciens salariés peuvent aussi mobiliser leurs droits acquis au titre du droit Individuel à la Formation (DIF).
Si toutes les formations ne sont donc pas financées, tous les demandeurs d’emploi n’ont pas aussi accès à toutes les formations : outre les pré-requis parfois arbitraires, certaines formations sont réservées à certains publics seulement et chaque projet doit être validé par un conseiller prescripteur.
Restent enfin la question de la rémunération pendant la formation ainsi que celle des frais annexes de déplacement, restauration et hébergement auxquelles le Front de Gauche est attaché car beaucoup de demandeurs d’emploi renoncent à une formation éloignée de leur domicile.Les formatons financées par pôle Emploi visent un retour rapide à l’emploi. Selon les Régions, des formations peuvent être agréées et financées pour répondre aux besoins des employeurs. Dans les programmes régionaux de formation existent des formations débouchant sur CAP, Bac pro ou BTS dans les secteurs du bâtiment, du tertiaire, de l’agriculture ou de l’agro-alimentaire ainsi que du commerce. D’autres modules relèvent davantage de l’insertion sociale que professionnelle : valoriser ses capacités, renforcer ses savoirs de base, construire son projet professionnel… 3
A ces dispositifs s’ajoutent les possibilités de formation dans le cadre de contrats d’apprentissage ou de professionnalisation.
Force est de constater que l’Etat supprime des formations initiales en Lycée Professionnel pour mieux vendre l’apprentissage très souvent pris en charge par des centres de formation privés dont beaucoup sont liés au MEDEF.
Le formation continue mobilise un important budget : 31 milliards en 2009 dont 15% destinés aux chômeurs.
Fin 2009, seulement 8% des demandeurs d’emploi bénéficiaient d’une formation. Qui plus est, ces statistiques dissimulent d’importantes disparités selon la catégorie socio-professionnelle : les entrées en formation d’anciens ouvriers sont très inférieures à celles d’ex-cadres (10% contre 27%).
Aux inégalités sociales se greffent des inégalités territoriales marquées car les Régions sont devenues les principales structures de financement de la formation professionnelle : les politiques régionales sont hétérogènes et les budgets très différents entre Régions riches et Régions pauvres.
Les Présidents socialistes de Région et leurs majorités se sont refusés à homogénéiser leurs politiques formatives et les chômeurs en payent le prix lourd qui s’ajoute à celui du désengagement de l’Etat piloté par l’UMP et voulu par le MEDEF. Enfin, la fusion ANPE/ASSEDIC et l’insertion au sein de Pôle Emploi des personnels de l’AFPA chargé de l’orientation ont achevé de désorganiser des structures pourtant essentielles en matière de conseil, d’orientation et d’accompagnement.
La récente annonce faite par Nicolas SARKOZY d’une mobilisation de fonds pour la formation des chômeurs de plus de deux ans apparaît pour de la poudre aux yeux.
Il n’y a pas si longtemps, le même annonçait « un emploi ou une formation proposé à chacun » avec le résultat que l’on sait : 152.000 demandeurs d’emploi supplémentaires en un an. La proposition d’un référendum du candidat de l’UMP ne répond également en rien à la nécessité d’une réforme globale et cohérente de la formation des chômeurs définie comme un ensemble de droits à la formation ou bien à « une seconde chance ».
En tant que candidat aux Législatives, je considère que la formation professionnelle dite d’insertion ou d’adaptation à l’emploi peut être gérée au plus prés des territoires par les Régions mais que
la formation qualifiante et diplômante doit demeurer de la responsabilité de l’Etat et relever d’un service public digne de ce nom. Je m’engage, si je suis élu député en juin prochain, à rapidement déposer un projet de loi-cadre qui reprendra pour les préciser ces deux grandes orientations afin que l’Etat les mette en oeuvre très rapidement.
Jean-Claude MARIE
Candidat Front de Gauche aux Législatives
Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
![jappuieb[1]](http://img.over-blog.com/300x300/5/07/77/34/jappuieb-1-.png)

Merci de votre visite !